Est-ce grave ?

Le DG bien pris en charge n'est pas grave pour la mère ni pour l'enfant. Non traité ou mal équilibré, il expose à des complications sérieuses : macrosomie foetale (poids de naissance > 4 kg), dystocie des épaules à l'accouchement, hypoglycémie néonatale, détresse respiratoire du nouveau-né, pré-éclampsie et hypertension gestationnelle chez la mère. La mère ayant eu un DG a un risque de 50 % de développer un diabète de type 2 dans les 10 à 20 ans.

Quand consulter en urgence ?

Consultez en urgence ou appelez le 15 si :

  • Céphalées sévères, vision floue, douleur épigastrique et oedèmes brutaux — symptômes de pré-éclampsie.
  • Diminution ou absence des mouvements foetaux.
  • Glycémie > 3 g/L avec symptômes (soif intense, troubles de la conscience).

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le DG est défini par une intolérance au glucose découverte ou diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse. Il est lié à l'insulinorésistance physiologique de la grossesse (hormones placentaires — HPL, progestérone, cortisol) qui démasque une insuffisance relative de sécrétion d'insuline pancréatique chez les femmes prédisposées. Il doit être distingué d'un diabète préexistant (DT1 ou DT2) découvert pendant la grossesse.

Qui est à risque ?

Facteurs de risque reconnus par la HAS : âge ≥ 35 ans, IMC pré-grossesse ≥ 25 kg/m², antécédent de DG, antécédent de macrosomie foetale, antécédents familiaux de diabète de type 2 au premier degré. La glycémie à jeun en début de grossesse (≥ 0,92 g/L) permet de dépister un DG précoce ou un diabète préexistant.

Comment se fait le diagnostic ?

Dépistage entre 24 et 28 SA chez les femmes à risque. Critères diagnostiques (consensus IADPSG) — HGPO 75 g : glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L, ou glycémie à 1h ≥ 1,80 g/L, ou glycémie à 2h ≥ 1,53 g/L. Un seul critère suffit pour poser le diagnostic. La glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L en début de grossesse ou une HbA1c ≥ 6,5 % évoque un diabète préexistant.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Mesures diéto-thérapeutiques : alimentation adaptée (apports glucidiques 40-50 % des calories, répartis sur 3 repas et 2-3 collations, privilégiant les glucides à index glycémique bas — éviter les sucres rapides) et activité physique régulière (30 min de marche par jour sauf contre-indication obstétricale). Autosurveillance glycémique : 4 à 6 contrôles/jour (à jeun et post-prandiaux) — objectifs : à jeun

Suivi et accouchement

Consultations mensuelles avec contrôle glycémique et surveillance foetale (échographies de croissance). L'accouchement peut être programmé à 38-39 SA en cas de macrosomie ou de déséquilibre glycémique. Après l'accouchement, les glycémies reviennent généralement à la normale. Un test de dépistage du DT2 (HGPO 75 g) est recommandé 6 à 12 semaines après l'accouchement, puis tous les 1 à 3 ans.

Quel spécialiste consulter ?

  • Endocrinologue-Diabétologue : mise en place et ajustement de l'insulinothérapie.
  • Gynécologue-Obstétricien : surveillance foetale et gestion de l'accouchement.
  • Diététicienne : adaptation de l'alimentation aux objectifs glycémiques.

Comment préparer sa consultation ?

Notez votre alimentation des derniers jours et les résultats de votre autosurveillance glycémique. Mentionnez vos antécédents familiaux de diabète. Décrivez votre activité physique. Apportez votre carnet de surveillance glycémique.